vendredi, janvier 28, 2011

POUVOIRS ET SOCIETE !

POUVOIR….(S) ….ET SOCIETE
QUE FAIRE ?
Quelques brèves réflexions d’un écrivain ordinaire à finalité philosophique
Guy CREQUIE

Nos sociétés modernes, présentent le même symptôme qui tend à étendre sa toile au-delà de la diversité des culturelles sur tous les continents. Je veux parler, de l’oligarchie ploutocrate.
C'est-à-dire, le pouvoir de quelques uns, et notamment lié à la richesse. Certes, si ce sont les grecs qui ont inventé ces mots, notre référence, ne peut plus être cette société grecque athénienne. En effet, alors, la citoyenneté s’exerçait à 100%. C’étaient les esclaves qui effectuaient le lourd labeur !
Je ne revendique pas, la République des philosophes de PLATON, je dis même, que l’idée de philosophe de métier devra disparaître un jour. La philosophie, enseignée dans toutes les classes et progressivement depuis la classe de 3ème, y compris, dans les disciplines scientifiques, telle, est ma perspective comme outil d’aptitude, des consciences individuelles et collectives à développer une capacité d’autonomie d’appréciation sur les faits, les idéologies, les systèmes politiques, plutôt, que d’être balloté par les phénomènes changeants, au gré des médias et des élites dirigeantes.

Ainsi, actuellement, les économistes font ce constat : dans bien des pays, le pouvoir de l’argent est détenu par de 1 à 5% de la population, selon les pays.
Les inégalités s’accroissent, les riches deviennent toujours plus riches. Alors que le surenchérissement du prix des matières premières agricoles, risque à moyen terme de provoquer de nouvelles émeutes de la faim, que des centaines de millions d’êtres vivent avec moins de 2 dollars par jour, on voit dans certains pays industrialisés, des dirigeants d’entreprises, ou des Présidents de conseils d’administration de multinationales, gagnés mensuellement, de 600 à 800 fois le salaire d’un ouvrier.

Auparavant, il était appréhendé, que le créateur de richesses certes était riche lui-même, mais cela apparaissait concevable, dans la mesure où la richesse produite, profitait également à la société. Ainsi, l’aspiration à la réussite motivait des familles. L’ascenseur social était possible, par le travail et l’éducation, et, les classes moyennes se sont constituées.

Or, de nos jours, les classes moyennes sont spoliées également dans maints pays, et le point nodal du devenir des sociétés est là :
Actuellement, les classes moyennes sont bousculées, mais pour autant, ne réagissent pas en alliance avec les couches les plus fragiles et ceci, car pour elle, compte tenu de leur statut lié à leurs efforts, redescendre vers le bas est une tension psychologue et idéologique difficile. L’avenir selon l’évolution des vécus, répondra historiquement à cette problématique.
Présentement, alors qu’il y a environ encore 30 ans, un dollar était investi dans la production de richesses matérielles et de services, pour 30 utilisés à la consommation, à l’épargne, aux loisirs et aux impôts. Actuellement, un dollar est réinvesti pour 260 utilisés autrement, dont et hélas, une part importante de la virtualité de la spéculation financière.
La spéculation financière gangrène nos sociétés. Un an après la crise financière internationale la plus grave depuis 1930, et ce, alors que les mini crises sont de plus en plus nombreuses = quid de la soi disant régulation du capitalisme ? Les banques aidées par la puissance publique, ont retrouvé leurs profits colossaux .Les paradis fiscaux sont plus surveillés, mais pas au point de les faire trembler.
Ce qui caractérise nos sociétés, c’est l’inégalité dés la naissance ! Les concepts de liberté et d’égalité, sont devenus une mystification. Si les conditions psycho biologiques, sont des conditions de possibilité, nous sommes tous et tous, modelés par nos rapports sociaux objectifs et le bain culturel dans lequel nous sommes irrigués.
Le terme de démocratie est un mythe ! Même dans nos sociétés occidentales actuelles, il s’agit d’une démocratie représentative. Le peuple, certes vote, mais comme aux USA et même en France, lors de certaines consultations électorales, il s’exprime parfois à moins de 50%, ne se retrouvant pas dans le fonctionnement de la classe politique . La Suisse, utilise largement le référendum d’initiative populaire, et parfois, les résultats sont contestés, lorsqu’ils ne correspondent pas aux attentes médiatiques, ou des élites politiques. Parfois, et cela s’est vérifié lors des référendums pour le projet de constitution européenne, lorsque des peuples rejettent le texte proposé, le gouvernement pense qu’il s’est trompé ; et propose à nouveau ultérieurement le texte amendé, ou pire, le passe en force par la voie parlementaire.

Au stade de la mondialisation, de l’existence de mainte instance supranationale, la fonction d’élu devient un métier, une sorte de science. Les élus s‘entourent d’experts invisibles, ou très présents selon, et qui de fait, fréquemment exercent le pouvoir indirect. C’est l’avènement de la technostructure, ce qui brouille encore davantage, l’exercice de la démocratie. Les lobbies exercent leurs pressions .Il en est ainsi par exemple des industries d’armement aux USA, des juges, etc.
Entre le discours politique et les actes, il y a l’exercice du pouvoir. La démocratie sociale, qui est l’irruption de la vie syndicale, associative, ..Est contestée, voire réprimée, lorsqu’elle conteste les orientations de la classe politique au pouvoir, lesquelles cependant parfois, sont étrangères à l’intérêt général,
Parfois, 2 ans avant une élection, le Maire : titulaire de la fonction dans une grande ville, ou le Président de la République, prépare sa réélection. Il s’en suit, des stratégies de communication, des visites à des groupes sociaux ciblés, des aides pour entretenir l’espoir, ou la fidélité électorale.
En son temps, MONTESQUIEU, avait parlé de la vertu de l’exercice du pouvoir, comme étant celle du service du bien commun et le bon fonctionnement des services publics, était l’un des piliers de cette conception. De plus en plus, l’exercice du pouvoir, est surtout vécu comme pour soi ou sa famille. En politique, dans le monde économique, et même dans le sport et les différentes formes d’art, on constate, de plus en plus, la reproduction des hiérarchies et hérédités familiales.

Les clans des élus politiques, journalistes, comédiens, artistes, sportifs, se retrouvent sur plusieurs générations dans des activités de réussite et de mise en valeur médiatique qui freinent de fait, la promotion d’autres.
Certes, chaque être est spécifique et unique. Il y aura toujours des personnes qui réussiront plus que d’autres, en tel domaine ou discipline. Cependant, tout gouvernement doit tendre à un meilleur exercice des droits et devoirs humains.
- L’éducation : Actuellement, dans maints pays, celle ci est basée sur la réussite des meilleurs élèves. Au fur et à mesure des classes d’âge, l’écrémage s’opère, et les enfants des classes populaires sont absents des grandes écoles et Universités. Ce constat, selon des spécialistes, s’est aggravé ces 20 dernières années. Le but de l’éducation ne devrait pas être celui à priori, d’adapter les élèves aux meilleurs sur la base de données théoriques, mais de chercher à apprendre à apprendre en partant du bas pour permettre au plus grand nombre, d’atteindre des connaissances fondamentales nécessaires pour son développement présent et futur.
- Les médias : L’objectif recherché, est présentement l’audimat. Si un programme tire vers le bas les auditeurs mais a de l’audience, c’est cela l’essentiel ! Il l’est au détriment d’émissions de qualité mais pur élites et donc le bon peuple n’a pas à connaître ou à réfléchir, au-delà, de ce qui est espéré de lui. L’information, va très vite, trop vite, et malgré la multiplicité des chaînes télévisées, il y a souvent copie conforme, dans le mode de présentation des informations.
Le spectaculaire, le drame sont valorisés, car faisant appel aux émotions, mais le noble, des actes humanistes de paix et de solidarité, touchant aux valeurs, non rentables pour l’audimat de masse sont souvent ignorés.
- La démocratie : Sera plus réelle, lorsque les peuples désigneront leurs représentants directs au sein de l’Assemblée générale des Nations Unies ou du Parlement de l’humanité, peut importe l’appellation. Actuellement, il est cette idée parmi les élites, que le peuple ne sait pas, il faut faire pour lui !
Actuellement le pouvoir de l’ONU est dilué. Des instances de plus en plus nombreuses obscurcissent notre compréhension des événements de société, et leur existence, pour autant, ne permet pas de faire face à des situations nécessaires ! Exemple, l’Union Européenne ne parvient pas à se mettre d’accord pour fixer un taux de change permettant de faire face à l’évaluation actuelle anormale des monnaies américaines et chinoises. Banque mondiale, FMI, OMC, OIT, G8, G20, sans parler des accords ou unions par continent, bref, tout est fait, pour éloigner le citoyen de la compréhension de la vie publique.

Nous avons déjà connu : des émeutes de la faim, le prix exorbitant du pétrole dans certains pays occidentaux, les prix des matières premières agricoles qui s’envolent, bref, de nouvelles menaces se font jour. Avec la crise écologiste, en maltraitant la nature, même si nous devenions raisonnables dans la consommation équilibrée des énergies, et une part grandissante des énergies renouvelables, le mal est fait !

Ce que nous faisons maintenant, aura des incidences dans 30 ans. En attendant, nous connaîtrons encore des inondations anormales, des sécheresses imprévues, des tornades, la baisse des températures….Celles ci, vont affecter nos économies et vécus sociaux.
Le fonctionnement oligarchique, ne peut prétendre, faire face aux exigences de civilisation. Ce sont les Nations et continents, qui seront les plus en cohésion sociale, qui résisteront le mieux, et qui trouveront les solutions les plus adaptées au vécu commun nécessaire.

Copyright Guy CREQUIE
Ecrivain français-chercheur en sciences sociales
Engagé pour l’humanisme contemporain par la paix et les droits et devoirs humains.
Blog http://guycrequie.blogspot.com