jeudi, décembre 16, 2010

VIOLENCE ET JEUNESSE (2)

VIOLENCES ET JEUNESSE (2)







Actuellement, il est parlé des phénomènes de déficiences de société, lesquelles, sont réelles: désengagement de l'Etat vis à vis de collectivités territoriales , ce qui privent celles ci, de rentrées fiscales, ceci, alors que leurs problèmes sociaux rencontrés sont croissants.Il est des difficultés, lesquelles conjuguées ou cumulées sont une explication au mal être d'une partie de notre jeunesse, notamment : dans les zones urbaines défavorisées et où vivent plus de populations issues de l'immigration. Ces populations connaissent un taux de chômage plus important,un manque de formation, parfois d'alphabétisation.Les logements sociaux sont insuffisants, et mal répartis dans les communes. la pauvreté se développe même les couches moyennes sont en difficulté. Tout ceci est connu, mais les solutions tardent à venir :



Alors parfois,ces zones de pauvreté peuvent devenir des zones de non droit sous l'emprise de dealers, de l'argent facile, elles peuvent être une proie pour les propagandistes des idéologies racistes et terroristes et du fondamentalisme religieux



la responsabilité de parents, des enseignants, est souvent montrée du doigt et partiellement, ces questionnements sont parfois légitimes et interpellent.Mais, dans cette complexité,il est d'autres causes, liées au pouvoir politique,à son exercice, qui s'exercent sur les populations et qui peuvent accélérer les désespérances les désillusions:la perte de confiance dans les Institutions, et le rôle civique du bulletin de vote lui-même.



Ainsi, lorsque le peuple le plus fragile, est dans la rue pour exprimer ses attentes, exigences, ou refus de remise en cause de régimes sociaux, ou pour refuser de payer seul la crise financière provoquée par la finance internationale et nationale, et qu'il reçoit le mépris,l'humiliation, constitué par la fin de non recevoir et l'absence de réel dialogue; alors,dans ces conditions, la légitimité des instances dirigeantes est contestée et en déclin.

Lorsque la citoyenneté est affaiblie, ceci, par la prise de décision hors du territoire régional et national et sur laquelle,des personnes ressentent n'avoir aucune prise, alors, elles

peuvent hélas, croire aux vertus des actions expéditives et visibles,y compris violentes, qu'elles s'assignent.



Les agences de notation, les directives européennes, les plafonds bancaires,les déficits contrôlés, l'encadrement du crédit bancaire par les taux fixés par les instances internationales, tout ceci, mal expliqué, ou qui met à nu des énormités financières dont bénéficient de dirigeants d'entreprises, des footballeurs milliardaires ou autres privilégies,..tout ceci, nourrit la désaffection du civisme, et aggrave, ce qui sur la durée pet devenir une maladie sociale.



Je ne suis pas de ceux qui veulent ignorer les apports de l’histoire. Ainsi les recherches concernant le rôle et l’image laissés par Héraclès sur les consciences sont importantes si elles nous aident à mieux percevoir les défis du présent. Il y faut une certaine sagesse, voir le sens de l’histoire, et non le détail qui divise plus qu’il ne rassemble..



A propos de la réalité d l’holocauste et des horreurs du stalinisme, notre pays a connu les théories négationnistes et révisionnistes, et je reste un fervent adepte de l’éclairage de l’histoire. Exemple : à propos de l’Islam aujourd’hui, parfois abusivement assimilée au fanatisme,le recours à l’histoire est une aide à la compréhension des enjeux et au rôle du dialogue

Cependant, comme la philosophie a une fonction critique qui lui est essentielle et qu’elle est faite pour fonctionner sur des connaissances établies en dehors d’elle, je m’intéresse déjà aux phénomènes contemporains.

Les récentes statistiques pour mon pays révèlent que plus de 36.000 jeunes mineurs ont été interpellés en 2009 pour des agressions contre des personnes et ou des biens. C’est une infime réalité sachant que les auteurs de divers actes délictueux ne sont pas arrêtés ou retrouvés. Et cependant, ce chiffre fait réfléchir.



Le malaise de la jeunesse il me semble, est bien une question qui relève de l’harmonie et du combat de la paix pour le dialogue entre générations et civilisations.

Le passage à l’acte traduit l’immense détresse d’une partie de notre jeunesse, laquelle, parfois par jeu ou par haine, est capable de délits qui peuvent aller jusqu’à mettre en jeu la vie de personnes. Il en a été ainsi par exemple de cette personne qui a été gravement brûlée lors de l’incendie volontaire d’un autobus à Marseille.



Depuis les études faites sur l’incarcération par le philosophe Michel FOUCAULT, nous savons que l’incarcération n’est pas la réponse adaptée à une crise identitaire provoquée ou résultant par ce que j’appelle une maladie sociale. Pour autant, pédagogiquement, le délinquant doit apprendre à connaître le verdict de la sanction.

L’impunité, n’est pas un facteur de justice sociale, ni un élément de la paix sociale et de l’harmonie entre cultures, et générations.

II est cette vérification de trois sortes de situation psychologique qui ont leurs incidences sur les crises sociales et identitaires :



- La dépression : = je n’y arrive pas, c’est le repli, la souffrance intérieure, qui peut aller jusqu’au suicide = cet acte de la finitude manquée selon le philosophe dominicain Jean –Yves JOLIF.

- La psychopathie : = chacun pour soi, tant pis pour les autres.

- La paranoïa = je suis, nous sommes, la victime d’autres (les persécuteurs) qui sont identifiés selon les circonstances comme par exemple : Les Américains, les juifs, l’occident chrétien…….Et au plan local, tout ce qui est institutionnel : la justice, la police, les pompiers, les enseignants, l’école, ……

L’être humain n’est pas que rationnel, il a des pulsions qui, dans des situations sociales et identitaires difficiles, peuvent aller jusqu’à la folie meurtrière.



Pour avancer sur ces questions, je me prononce pour la mise en œuvre de ce que j’appelle les 3 R : Règlement, réparation, reconstruction. Cette méthode concilie la réponse adaptée de la sanction sans humilier et de la reconstruction possible.



-REGLEMENT : il faut sortir le délinquant du lieu du délit et de ses habitants. Rien n’est plus décourageant que de retrouver l’agresseur impuni quelques jours plus tard cette réalité nourrit les rancœurs, nuit à ’esprit civique…. Elle ne peut qu’encourager à la récidive, face à l’impuissance des institutions ou à la loi du casseur qui s’impose.

-REPARATION : Il y faut une sanction, par exemple, pourquoi ne pas encadrer un jeune dans un garage à apprendre le travail de la réparation automobile si les violences contre les véhicules sont son domaine de prédilection ?

-RECONSTRUCTION : l’objectif, n’est pas celui d’humilier le jeune qui a des dizaines d’années encore à passer en société, mais de l’aider à se reconstruire en lui apprenant le respect, tout en lui inculquant des valeurs professionnelles et de conscience.



Il est vrai que dans certaines circonstances, l’éducation en milieu de vie en internat peut-être une solution momentanée ce qui n’exclut pas lors de ces situations un encadrement permettant des travaux d’utilité civique ou de conscientisation des règles sociales. Certes, tout ceci à un coût mais, les destructions matérielles renouvelées, et la perte de repères non chiffrable d'emblé et de perte de confiance en les élites dirigeantes ou les vertus de la démocratie ont également un coût qui n’est pas que matériel mais qui touche aux tréfonds d’une civilisation.



La réalité humaine, n’est pas comparable à un théorème qu’il suffit de répéter pour aboutir au résultat, c’est une relation d’acteurs dont l’équilibre passe par la pédagogie d’apprentissage et de gestion de la problématique des droits et des devoirs qui est l’ambition de mon prochain livre, si les éditeurs s‘intéressent à celui là.





Enfin, le plus important est d’agir sur les causes des souffrances sociales : la pauvreté, la dislocation familiale dans certaines situations, le manque de formation qualifiante, de logement social, le problème de l’absence d’emploi avec les discriminations liées au sexe, à la nationalité, à la confession, à l’ethnie, la couleur de la peau…Il faut bien reconnaître que les jeunes issus de l’immigration sont les plus défavorisés et exclus.



De ce point de vue le plan banlieue de 1 milliard d’euros se révèle être un échec en France si l’injection d’argent est comprise comme se suffisant en elle-même. Il faut agir d’une façon systémique sur l’architecture, la culture, la construction massive de logements sociaux, le désenclavement de certains quartiers, le retour à la police de proximité, l’usage du sport pour l’intégration, une politique de recrutement audacieuse des grandes écoles et des grandes entreprises dans les zones défavorisées quitte à provisoirement définir des quotas de rattrapage,…..Et pour beaucoup une réappropriation de l’apprendre à vivre ensemble ce qui peut passer par les méthodes de thérapie sociale préconisées par Charles ROJZMAN et l’utilisation de conseils de quartier disposant de réels pouvoirs d’investigation et de reconnaissance municipale ( finances incluses)



Pour une réelle volonté de partager la parole (et non de la donner aux jeunes défavorisés et à leur famille le temps d’une réunion…puis de la reprendre), il est possible d’utiliser les phases de respect des divers interlocuteurs par l’utilisation progressive de la pré –tâche chère aux psychologue latino-américain PICHON -RIVIERE



L'analyse philosophique, indique les maux à combattre,le sens à rechercher,mais elle ne se substitue pas à l'action politique,aux responsabilités des gouvernements. C'est aux élus sous le contrôle des peuples de prendre les orientations et décisions, pour le bien commun de toutes et de tous.



Copyright Guy CREQUIE

Poète et écrivain français

Blog http :guycrequie.blogspot.com